II. CHRONOLOGIE DES PRINCIPALES BULLES ET LETTRES DE CLÉMENT V, LETTRES DE PHILIPPE-LE-BEL ET AUTRES PIÈCES RELATIVES A LA SUPPRESSION DE L'ORDRE DU TEMPLE.
Par la note qui précède, on a vu que Clément V, dans ses bulles et
lettres, ne calculait pas les années de son pontificat à partir du 5 juin 1305,
jour de son élection, mais du 14 novembre suivant, jour de son couronnement.
J'ai dit à qui revient l'honneur de cette
observation trop peu connue et contraire au sentiment d'André du Chesne. Je ne
l'ai trouvée dans aucun ouvrage antérieur à l'Art de vérifier les dates, livre
dont la première édition parut en 1750 et qui n'est arrivé à sa forme
définitive que dans celle de 1783. On ne saurait donc s'étonner que du Puy, qui
imprimait en 1654 la première version de son Histoire de !a condamnation des
Templiers, ait commis de nombreuses erreurs sur les dates qu'il assigne aux
actes de Clément V. Il
supposait que ce pape avait compté les années de son pontificat à partir du jour
de son élection, comme cela ressort en maints endroits de la table
chronologique qu'il a jointe à son Histoire du différent d'entre le pape Boniface VIII
et
Philippe-le-Bel, pp,10,11 et 12, édit. in-f° de 1655. Les erreurs de Labbe, dans le tome XI de ses Conciles, sont
moins nombreuses, sans être moins frappantes.
Au tome II de sa Vie des Papes d'Avignon, livre publié en
1693, Baluze a donné une foule de pièces émanées de Clçment V et de Philippe-le-Bel. Il
les a rangées dans l'ordre qui lui semblait le plus logique, en ayant égard au
lieu d'où elles sont datées et au rapport qu'elles présentent avec l'enchainement et l'ordre présumé des
faits.
Il faut y regarder de près avant d'oser contredire
un homme d'une telle science et d'une telle autorité. J'ai toutefois été
conduit à le faire pour un certain nombre de pièces ; je les ai rangées à une
place qui me semble plus rationnelle que celle que leur a affectée Baluze, à la
place que leur assigne la date qu'elles portent, calculée d'après la manière
dont Clément V comptait
les années de son pontificat. Du reste, toutes les fois que j'ai opéré un
déplacement de cette nature, j'ai donné mes raisons que le lecteur pourra
apprécier.
Presque tous les historiens qui ont traité des
relations de Philippe-le-Bel et de Clément V, de la suppression de l'ordre du
Temple, ou du procès intenté à la mémoire de Boniface VIII ont adopté, sans les vérifier,
les dates de Labbe et de du Puy, et surtout celles de Baluze. C'est ainsi que
Fleury, l'exact et judicieux Fleury, s'est maintes fois mépris sur la date
véritable de certains documents et, par suite, s'est vu conduit à intervertir
l'ordre des faits. Et comme de toutes les histoires ecclésiastiques, la sienne
est la plus claire, la plus consciencieuse, la mieux appuyée de preuves,
beaucoup d'écrivains l'ont suivi les yeux fermés et ont reproduit sa
classification des événements. Heureusement qu'il y a, dans les deux grands
faits du pontificat de ClémentV, des points de repère certains, empruntés à des
actes étrangers à la chancellerie romaine et qui ne permettaient pas aux
historiens de s'égarer complément. Aussi n'ont-ils guère erré que sûr les faits
secondaires et les détails. Ces faits secondaires et ces détails ont toutefois
leur importance, et les ranger tous à leur place véritable est le seul moyen de
bien comprendre l'enchaînement et la suite des événements.
C'est dans ce but qu'a été rédigée la chronologie
qui va suivre.
1305,
14 novembre. - Bertrand de Got est couronné à Lyon, en présence de
Philippe-le-Bel, et date de ce jour la première année de son pontificat.
15 décembre. - BALUZE : Vitae paparum Aven., t. 1er, pp. 63 et 626. Le pape
fait dix nouveaux cardinaux, parmi lesquels Bérenger de Frédole, évêque de
Béziers, créé cardinal-prêtre du titre de Saint-Nérèe et Saint-Achille, et
Etienne de Susy, crée cardinal-prêtre du titre de Saint-Cyriaque. Tous deux
jouèrent un rôle dans les négociations relatives à l'affaire des Templiers.
1306,
1er février. - RAYNALDI, Annales ecclesiastici, t. XV, ann.1306, n. 1er.
Révocation de la bulle Clericis laicos, qui interdisait au roi de France
de faire des levées d'argent sur le clergé. Cette révocation passe pour avoir
été une des conditions du consentement donné par Philippe à l'élection de
Clément V.
Datum Lugdini kal. feb. L'année du pontificat n'est pas
énoncée.
8 juin. - RAYNALDI, an. 1306,12. Lettre par laquelle le pape mande aux
grands-maîtres du Temple et de l'Hôpital de venir conférer avec lui sur la
défense de la Terre-Sainte et sur les secours que lui demandent les rois de
Chypre et d'Arménie. Datum burgdegalis, VIII id. junii. L'année du pontificat
n'est pas énoncée.
5 novembre. - BALUZE, t. II, col. 76. Lettre
de Clément à Philippe-le-Bel. Le pape est malade; il annonce au roi l'envoi des
deux cardinaux nommés plus haut, Bérenger et Etienne, chargés de traiter avec
lui certaines affaires importantes. Ils transmettront en même temps la réponse
du pape au sujet d'une entrevue que Philippe lui a fait proposer. Datum apud
Pessacum prope Burdegalam, nonis novembris, pontificatus nostri anno secundo.
Cette lettre a été rangée par Baluze parmi celles
de l'année 1306 et avec raison, comme le prouvent les faits qu'elle relate. Par
la façon dont elle est datée, elle diffère
de toutes celles qui suivent. Au 5 novembre 1306,
le pape ne pouvait être dans la seconde année de son pontificat que s'il
comptait du jour de son élection.
Faut-il croire qu'il n'a adopté que
postérieurement à cette lettre sa façon définitive de dater ses actes, ou bien
doit-on admettre que le copiste a écrit par erreur nonis novembris, au
lieu de nonis decembris ? Cette dernière hypothèse concilie tout et n'a
rien d'invraisemblable, puisque Clément était encore à Pessae en février 1307.
14 novembre. - Ce jour commence la seconde année
du pontificat, à partir du couronnement.
1307, 9 février, nouveau style : Pâques tomba le 26 mars. BALUZE, t. Il,
col. 90. Lettre du pape au roi de France au sujet de l'entrevue convenue entre
eux. Datum apud Pessacum, V id. februarii, pontifîcatus nostri anno Secundo.
Suivent, dans Baluze, deux autres lettres du pape
au roi, relatives à la même entrevue.
10 mars. - BALUZE, t. II, col. 95. Lettre du pape
au roi. Clément rappelle que l'entrevue projetée aura lieu à Poitiers. Datum
Burdegalis, VI idus martis, P. N. anno secundo.
17 mars. - BALUZE, t. II, col.
96. Lettre de Clément au roi.
Il
est contraint par l'état de sa santé de retarder l'entrevue : il
attendra Philippe à Poitiers le 6 ou le 7 avril. Datum. Beaniae Xantonensis
diocesis, XVI kal. aprilis, P. N. anno secundo.
L'entrevue fut encore retardée, et le roi ne
partit pour Poitiers que vers la Pentecôte, qui fut le 14 mai. Voyez Villani,
dans Muratori, Rerum ital. scriptores, t. XIII, col. 427.
1er juin. - RAYNALDI, an. 1307,10. Par suite
de l'entrevue qu'il vient d'avoir avec le roi, le pape lève l'excommunication
lancée contre les accusateurs de Boniface VIII. Datum Pictavii, kal. junii, pontifîcatus nostri anno secundo.
Sur le conseil du cardinal de Prato et pour
échapper
aux exigences du roi, Clément s'était résolu à
convoquer à Vienne un concile auquel serait déférée la condamnation de la
mémoire de Boniface VIII : c'est ce concile qui statua en même temps sur l'affaire des Templiers.
24 août. - Du Puy,Hist. de la cond. des
Templiers, p. 104, édit. de 1713. Bulle adressée à Philippe-le-Bel. Le pape
a eu peine à croire tout ce qui se disait des Templiers ; mais le grand-maître
et plusieurs dignitaires de l'ordre réclament eux-mêmes une enquête. En
conséquence, clans peu de jours il ira à Poitiers et commencera une information.
Prière au roi de lui envoyer les renseignements qu'il a déjà recueillis. Donné
en une abbaye, près de Poitiers, le IX des kalendes de
septembre, l'an deux de notre pontificat. Cette date, selon du Puy,
correspond au 23 août 1306. La date véritable est le 24 août 1307. A la date
indiquée par du Puy, Clément eut été dans la première année de son pontificat,
et la bulle relate d'ailleurs l'entrevue de Poitiers qui n'eut lieu qu'en 1307.
14 septembre. - Hist. du Languedoc, L. XXIX, c. 17, p. 138, d'après
mss. de la Bibl. royale, Baluze, rouleaux originaux, n° 7. Lettre circulaire de
Philippe-le-Bel aux sénéchaux et autres gouverneurs de ses provinces,
prescrivant de prendre des mesures secrètes pour que les Templiers soient tous
arrêtés le 13 octobre suivant. Cet ordre est donné sur la demande de frère
Guillaume de Paris, inquisiteur de l'hérésie, qui a réclamé l'appui du bras
séculier.
13 octobre. - Arrestation des Templiers.
19 octobre. - Procès publié par M, MICHELET,
t. Il, p. 277.
Commencement de leur interrogatoire. On a vu, par
la note qui précède, que la façon dont il est daté concorde avec celle que le
pape employait pour ses actes pontificaux. Il n'y a inexactitude que pour trois
des dernières séances et pour l'indiction.
27 octobre. - Du PUY, p. 105, biblioth. imp., cart. 170, fol. 5 v°. Bulle où Clément V se plaint que le roi de France ait fait emprisonner et
torturer les Templiers, lesquels ne relèvent que du Saint-Siège. Le pape a
suspendu les pouvoirs des évêques et des inquisiteurs : il annonce au roi que
les deux cardinaux déjà nommés plus haut, Bérenger de Frédole et Etienne de
Susy, vont se rendre près de lui. Philippe devra remettre à ces cardinaux les
personnes et les biens des prisonniers. Datum Pictaviis, VI kal. novemb., pont,
nostri anno secundo. Cette date correspondrait au 27 octobre 1306 selon du
Puy.
Son erreur est évidente, puisque les Templiers ne
furent arrêtés qu'en octobre 1307 ; mais il obéissait à l'idée que Clément V comptait les années de son pontificat à partir du jour
de son élection.
30 Octobre. Notices et ext. des mss. de la Bibi.
imp., t. XX, Doc. inéd. publiés par M. Boutaric, n°23. Lettre d'Edouard II, roi d'Angleterre, à
Philippe-le-Bel au sujet de l'arrestation des Templiers. Datum apud
westmonasterium, tricesirno die octobris, anno regni nostri primo.
9 novembre. - Mêmes volumes et mêmes documents n. 24. Lettre du duc de
Brabant au roi de France, lui annonçant qu'il a exécuté ses ordres en arrêtant
les Templiers :Escrit à Bruxelle, le mardi après la feste sainte Catherine.
Novembre. - Du PUY, p. 11. Lettre du roi au
pape contenant de violentes récriminations au sujet de la suspension des
pouvoirs des évêques. Du Puy a donné seulement des extraits de cette lettre
dont il ne fait point connaître la date exacte et qui probablement ne fut point
envoyée. Voir l'observation sur la lettre du 1er décembre 1307 ci-après.
14 novembre. - Ce jour le pape entre dans la
troisième année de son pontificat, en la calculant du jour de son couronnement.
22 novembre. - RYMER, Acta publica Angliœ, t. 1er, p. 99, 3° édit., 1745. Bulle du pape au roi
d'Angleterre pour qu'il fasse arrêter en un seul jour tous les Templiers de ses
Etats. Clément se fonde sur les aveux recueillis en France, qui lui ont été
communiqués et l'ont enfin éclairé sur la culpabilité de la milice du Temple. Datum
Pictaviis,10 kal. decembris,pont.
nost. anno tertio.
Même date. - Du PUY, p. 194 ; FLEURY, Hist.
ecclés., t. XIX, p. 134. Bulle semblable à la précédente, adressée à Robert, duc de Calabre,
fils aîné du roi de Naples, pour qu'il arrête en un seul jour tous les
Templiers qui se trouveront sur ses terres. Ainsi datée dans du Puy : Datum
Pictaviis, 10 decemb.,pont. nost. anno tercio.
Le mot kalend. a probablement été omis,
soit dans l'original, soit par du Puy. C'est pourquoi Fleury a été conduit à
donner à cette pièce la date du 10 décembre. Il est tout à fait vraisemblable
qu'elle fut écrite en même temps que celles adressées au roi d'Angleterre et à
plusieurs autres souverains. Le 10 des calendes de décembre correspond au 22
novembre.
1er décembre. - BALUZE, t. II, col. 112. Lettre du pape
à Philippe-le-Bel, ainsi datée : Datum Pictavis, kal. decembris,
pontificatus nostri anno tertio.
Voici le sentiment de M. Michelet sur cette lettre
et sur celle du commencement de novembre: citée plus haut qui, dans son
opinion, fut écrite non pour être envoyée, mais pour être répandue dans le
peuple : "Nous en avons une au contraire du pape (1er décembre 1307),
selon laquelle le roi aurait écrit à Clément V que des gens de la cour pontificale
avaient fait croire aux gens du roi que le pape le chargeait de poursuivre ; le roi se serait empressé
de décharger sa conscience d'un tel fardeau, et de remettre toute
l'affaire au pape qui l'en remercia beaucoup. Cette lettre de Clément me parait,
comme l'autre, moins adressée au roi qu'au public : il est probable qu'elle
répond à une lettre qui ne fut jamais écrite. " (Hist. de France, t.
III, note de la page 147.)
10 décembre. - RYMER, t. I, pars IV, p. 102. Réponse d'Edouard
II, roi d'Angleterre, à
Clément V.
Il ne peut
ajouter foi aux accusations portées contre les Templiers, qui jouissent,
dit-il, d'une très-bonne réputation en Angleterre. Il réclame en leur faveur la
justice du pape. Datum apud Westm. 10 die decembris, anno regni nostri
primo.
21 décembre. - BALUZE, col. 113. Lettre de
Philippe-le-Bel au pape. Le roi a remis les personnes des Templiers entre les
mains des cardinaux Bérenger et Etienne. Leurs biens, destinés au secours de la
Terre-Sainte, sont confiés à de fidèles gardiens. Datum Parisius, dominica
ante natale Domini MCCCVII.
1308, 25 mars, nouveau style. - Pâques, en 1308,
tomba le 14 avril. Notices et ext. des mss. de la Bibi. imp., t. XX, p. 163, n° 25. Circulaire
de Philippe-le-Bel au tiers-état, au sujet du procès des Templiers. Actum Medeluni, 25 die marcii, anno Domini, M° CCC° septimo.
23 mai. - RYMER, t. 1er, pars IV, p. 120. Edouard II donne ordre de remettre
Guillaume de la More, maître de la milice du Temple en Angleterre, entre les
mains du patriarche de Jérusalem. Teste Rege apud Westmonasterium, 23 die maii.
Fin de mai. - BALUZE, t. 1er, pp. 11 et 12;
Fleury, t. XIX, p. 130. Le roi tient à Tours un parlement général des trois ordres pour
l'affaire des Templiers. Vers la Pentecôte, il se rend à Poitiers où le pape
interroge 72 Templiers. Le grand-maître, mandé à Poitiers, étant demeuré malade
à Chinon avec quatre autres dignitaires de l'ordre, Clément les fait interroger
dans cette ville par les cardinaux Bérenger et Etienne
et par le cardinal Landulphe
Bancrace. (Voir plus loin, à la date du 17 août,
la lettre de ces cardinaux au roi.)
Vers le mois de juin. - Notices et extraits des mss. de
la Bibi. imp., t. XX, p.175.
Pamphlet dirigé contre Clément V pour le pousser à supprimer l'ordre du Temple.
Même volume, p. 180. Prétendue requête du
peuple de France au roi pour demander l'abolition des Templiers.
Même volume, p. 182. Mémoire dans le même but,
remis au pape par le roi de France.
Dans une étude insérée au t. XVIII des Mémoires de
l'Académie des inscriptions, M. de Wailly émet l'avis que le premier des
trois documents qui viennent d'être énoncés a pour auteur un avocat royal de
Coutances, nommé Pierre du Bois. M. Boutaric partage cette opinion et attribue
les deux autres documents au même avocat. Il croit de plus que les trois pièces
peuvent se rapporter à l'année 1308 et furent sans doute répandues dans le
public lors de la tenue des Etats-Généraux à Tours. " États convoqués pour
imposer, au nom du peuple français, à Clément V les volontés de Philippe-le-Bel.
" (Voir Not. et ext., t. XX, p. 172.)
On trouve dans le même volume, sous le n° XXXIII, une notice des bulles
relatives au procès des Templiers, données à Poitiers en 1308 et apportées au
roi par Guillaume de Plasian, le 5 septembre même année. Leur date exacte n'est
pas indiquée. Cette notice est extraite du cart. 170, fol. 90, v°, de la Bibi.
imp.
5 juillet. - Du Puy, p. 105. Bulle aux
archevêques, évêques et inquisiteurs de France. Le pape lève la suspense et
leur rend leurs pouvoirs. Ils procéderont contre les Templiers jusqu'à la
sentence qui sera donnée par les conciles provinciaux, à la charge de
n'attenter rien contre l'ensemble de l'ordre, "y ayant des personnes qui
ont commission pour ce. " Les Templiers devront être remis
aux mains du cardinal de Préneste. Le pape se
réserve le jugement du grand-maître et de quelques autres dignitaires de
l'ordre, qui plus tard (le 11 mars 1314) furent jugés par divers cardinaux et
prélats, au profit desquels le pape s'était démis du droit qu'il s'était réservé.
(V. Fleury, t. XIX, p. 232.) Cette pièce est
ainsi datée dans du Puy : 5 jul. pontif. anno 3.
C'est à tort que du Puy ajoute le chiffre 1307.
Cette pièce est évidemment de 1308, les pouvoirs des évêques et des
inquisiteurs n'ayant été suspendus qu'en octobre 1307.
La même observation s'applique aux six bulles qui
suivent ; pour toutes du Puy s'est trompé d'une année.
9juillet. - Du Puy, p. 107 ; BALUZE, col.
97. Cette pièce est une bulle selon du Puy, une lettre selon Baluze. Le pape
écrit au roi que s'il faut absolument abolir l'ordre du Temple, il veut
expressément que ses biens soient appliqués au secours de la Terre-Sainte.
Ainsi datée dans Baluze : Datum Pictavis, IX dié julii, pontificatus nostri anno tertio.
Baluze et du Puy rangent cette pièce dans l'année
1307. Il est difficile d'admettre cette date, puisqu'en juillet 1307 les
Templiers n'étaient point encore arrêtés. Voyez d'ailleurs l'observation sur la
constitution du 11 juillet, citée après la pièce qui suit.
Même date. - Du Puy, p. 107. Bulle
recommandant au roi la nomination de cinq archevêques et évêques désignés et
chargés d'administrer les biens des Templiers en commun avec les personnes que
le pape a nommées de son côté. L'argent sera envoyé en lieu sûr, hors de
France, en la protection du roi, pour le fait de la Terre-Sainte. Ainsi datée
dans du Puy : A Poitiers, 9 juillet, anno 3.
11 juillet. DU PUY, p.108 ; BALUZE, t. Il,
col. 97, Constitutio de bonis Templariorum. Clément déclare que tout ce
que Philippe et lui ont fait contre les Templiers ne peut porter aucune
atteinte au roi pas plus qu'aux prélats, ducs, barons et autres, pour les hommages et
autres droits féodaux. Datum Pictavis, XI die juin, pontificatus
nos-tri anno tercio.
Cette pièce a été rangée par Baluze et du Puy
parmi celles de l'an 1307, bien qu'il soit question des droits que le roi et
les seigneurs avaient sur les biens des Templiers tempore captionis ipsorum
factoe in regno Franciae anno Domini MCCCVI1de ipsis et bonis ipsorum. Il
ressort clairement de ces mots que la pièce est postérieure à l'arrestation des
Templiers ; elle appartient par conséquent à l'année 1308, et, comme elle se
lie à toutes les autres pièces du mois de juillet qui précédent et qui suivent,
elle permet d'affirmer que toutes ces pièces sont aussi de 1308.
12 juillet. - BALUZE, col. 98. Autre
constitution du pape, relative aux biens des Templiers : Datum Pictavis, XII julii, pont. nos. anno tertio.
Rangée par Baluze en 1307. Même observation que
pour la pièce précédente, à laquelle celle-ci se rattache.
Même date. - BALUZE, col. 100 ; Du Puy, p.
108, n° 8. Lettre ou bulle du pape aux prélats de France pour qu'ils aient à
députer des administrateurs en leurs diocèses, à l'effet de gérer les biens des
Templiers. Datum.Pictavis, XII die julii, pont, nos., anno tercio.
Pièce rangée, comme les précédentes, dans l'année
1307, par Baluze et du Puy.
13juillet. - Du PUY, p. 108, n° 9. Bulle du
pape aux prélats de France. Le pape y désigne les personnes qui, concurremment
avec ces prélats et dans leurs diocèses, devront prendre part à la confection
du procès des Templiers : ces personnes sont deux chanoines, deux frères
prêcheurs, deux frères mineurs. Les juges décideront selon les sanctions
canoniques. 13 juillet, anno 3.
Même date. - BALUZE, col. 101 ; du Puy, p.
109, n° 11.
Lettre du pape au cardinal évêque de Préneste. Il
lui
donne tous pouvoirs pour faire garder hors de
France tous les Templiers que le roi lui remettra. Ainsi datée dans Baluze :Pict.,
XIII julii, pontificatum nostri anno tercio.
Cette pièce est classée par Baluze parmi celles de
l'an 1307. L'enchaînement des faits et les observations qui précèdent prouvent
qu'elle appartient à l'an 1308.
Même date. - BALUZE, col. 101 ; du PUY,
p.108, n°10.
Lettre du pape à Philippe- le-Bel, pour lui
notifier qu'il a remis la garde des Templiers à l'évêque de Préneste.Dateé comme
la précédente. Mêmes observations.
12 août. Conciles de LABBE, t. XI, col. 1503. Bulle Regnans
in coelis pour la convocation du concile de Vienne réuni, entre autres causes,
à l'effet d'informer contre l'ordre du Temple. Datœ Pictavi, 2 idus augusti,
pontijicatus nostri anno tertio.
Labbe range à tort cette bulle sous l'année 1309.
Fleury ne s'y est pas trompé ; il remarque même qu'elle doit être antidatée de
quelques jours, puisque le pape y relate la procédure de Chinon, qui ne se
termina que le 20 août 1308. (Hist. ecclés., t. XIX, p. 146.) .
Même date. - Conciles de LABBE, t. XI, col. 1508 ; Procès publié
par M. MICHELET, t. 1er, p. 2 ; Du PUY, p,109, n° 13 ; RYMER, t, 1er, pars IV, p. 126. Bulle Faciens
rnisericordiam. Le pape prescrit aux archevêques, à leurs suffragants et
autres ecclésiastiques, d'informer contre l'ordre du Temple suivant les
articles joints à la bulle.
Le texte de Labbe et de Rimer est celui de la
bulle adressée à l'archevêque de Cantorbéry; le texte qu'ont publié du Puy et
M. Michelet est celui de la bulle à l'archevêque de Narbonne, aux évêques de
Bayeux, Mende et Limoges. L'exposé des faits et les considérants sont les mêmes
dans les deux textes ; il n'y a de variante que vers la fin.
Cette bulle est datée comme la précédente. C'est à
tort
que Labbe, du Puy, M. de Sismondi et autres la
rangent sous l'année 1309. Rymer la classe en 1308 et avec raison, comme le
prouvera tout à l'heure l'observation placée, après l'assignation du 8 août
1309.
Même date. - Du PUY, p. 110, n° 14. Bulle
défendant à toutes personnes, sous peine d'excommunication, de retenir aucun
bien ayant appartenu aux Templiers. Cette bulle, rangée à tort par du Puy sous
l'an 1309, est datée comme les deux précédentes : elle est la conséquence des
constitutions de juillet: 1308 avec lesquelles elle se lie.
17 août. - BALUZE, t. II, col. 121. Lettre adressée
au roi de France par les trois cardinaux députés à Chinon pour interroger le
grand-maître et ses quatre compagnons. Scriptum die rnartis post
Assumptionem. L'année n'est pas énoncée.
20 août. - BALUZE, t. II, col. 103. Lettre du pape
à Philippe, ainsi datée : Daturn Lusignaci, XIII kal. septembre,
pontificatus, nostri. anno tertio.
Dans cette lettre, Clément envoie au roi celle
qu'il a reçue d'Amaury, seigneur de Tyr, gouverneur de Chypre, où ce prince
explique que, dès le mois de mai précédent, le pape lui a prescrit de faire
arrêter tous les Templiers du royaume de Chypre.
Baluze a rangé la lettre du pape au roi parmi
celles de l'an 1307, et Fleury a suivi cette opinion, t. XIX, p. 130.
Si l'on se rappelle que l'arrestation subite et
inattendue des Templiers de France n'eut lieu qu'en octobre 1307, il paraîtra
difficile d'admettre que le pape ait pu, cinq mois auparavant, donner ordre de
saisir ceux de Chypre. D'ailleurs la présence de Clément V à Lusignan en août 1308
est constatée par une pièce que Rymer a publiée (Acta publica, t. 1er, pars IV, p. 129). C'est une bulle
du pape au roi d'Angleterre, en date à Lusignan du XV des kalendes de septembre,pontificatus
nostri anno tertio,
deux jours seulement avant la lettre de Clément à
Philippe-le-Bel. Rymer, toujours très-exact, a placé cette bulle en 1308.
Même date. - Bulle Justum et laudabile, citée
par M. Boutarie, La France sous Philippe-le-Bel, note de la p. 137, avec cette
indication : Or. A. I, bullaire L, carton 291, pièce 14. On a vu par la lettre du pape en date du 13 juillet 1308,
citée plus haut, que les Templiers
détenus dans
les prisons royales devaient être remis à l'évêque de Préneste. Ce dernier les
rendit au roi " à la condition de les tenir à la disposition de l'Eglise.
" C'est cette condition qui fait l'objet de la bulle dont il s'agit.
14 novembre. - Ce jour commence la quatrième
année du pontificat, après le couronnement.
4 décembre. - RYMER, t. 1er, pars IV p. 134.
Lettre d'Edouard II, roi
d'Angleterre, à Clément V, sur les biens des Templiers. Datum apud
Westmonasterium, 4 die decembris.
30 décembre. - BALUZE, t. II, col. 132. Bulle Ad
omnium fere notitiam, portant excommunication contre tous ceux qui
donneraient aide ou conseil aux Templiers. Datum Tolosœ, III kal. januarii,
pontificatus nostri anno quarto.
Même date. - Du Puy, p. 116. Bulle aux
archevêques, évêques, chevaliers de l'ordre Teutonique, ordres de Saint-Benoît, Cluny et autres étant
au royaume d'Allemagne, commandant de prêter appui à l'abbé de Crudacio, envoyé
par le pape en Allemagne pour informer contre les Templiers. Pièce datée comme
la précédente.
Même date. - Du Puy, p. 116. Bulle au duc
d'Autriche pour qu'il fasse arrêter les Templiers étant sur ses terres. Datée
comme les deux précédentes.
1309,15 janvier, nouveau style. - BALUZE, t. II, col. 170.
Ordonnance de Philippe-le-Bel, prescrivant aux
seigneurs et juges de son royaume de remettre les biens des Templiers qu'ils
peuvent avoir entre les mains aux administrateurs députés ou à députer par le souverain
pontife. Datum Parisius, XV die januarii, anno Domini
millesimo CCC VIII.
Cette date est celle du 15 janvier avant les
Pâques de 1309, et c'est pourquoi Baluze range avec raison cette pièce parmi
celles del309, nouveau style.
27 janvier. -BALUZE, t. II, col.141.
Lettre du pape qui prie le roi de faire grande attention à tout ce que lui dira
le chapelain que Clément lui a envoyé pour l'entretenir de diverses questions
relatives à l'ordre du Temple. Datum apud Gaudesium Tolosanœ diocesis, VI kal. februarii,
pontifteatus nostri anno quarto.
Même observation que pour la pièce qui précède.
6 mai. - BALUZE, t. II, col. 144. Lettre du pape au roi
de France sur la translation au siège archiépiscopal de Sens de l'évêque de
Cambrai, Philippe de Marigny, frère d'Enguerrand de Marigny. Datum
Avinionii, II non. maii, pontiftcatus nostri anno quarto.
Même date. - Du Puy, p. 112. Bulle du pape
au roi, répondant à plusieurs doutes qui lui étaient soumis tant par le roi que
par ceux qui avaient la charge d'instruire le procès des Templiers, louchant
diverses difficultés qui se rencontraient en cette affaire. Ainsi datée par du
Puy : Donnée en Avignon, 2 non. maii, anno 4.
22 mai. - Procès des Templiers, publié par M. MICHELET,
t, 1er, pages 7et 8. Deux lettres du pape aux archevêques et évêques de France.
Avinione, XI Kalendas junii, anno quarto.
1er août. - BALUZE, t. II. col, 123. Lettre du pape
aux évêques de France. Le souverain pontife ne veut pas qu'on use de nouvelles
formes pour le jugement des Templiers; on doit procéder selon la règle et les
exigences du droit en vigueur. Datum Avinioni, kad. Augusti, pontiftcatus
nostri anno quarto.
Baluze a rangé cette pièce dans l'année 1308.
L'ordre des faits et la concordance des dates semblent exiger qu'on la place en
1309 : elle est la conséquence de la bulle Faciens misericordiam qui est
du 12 août 1308, et l'on ne s'expliquerait pas qu'elle ait été écrite onze
jours avant cette bulle.
8 août. - Procès publié par M. MICHELET, t. 1er, p.
12. Acte par lequel les commissaires du pape, réunis à Paris, citent les
Templiers à comparaître devant eux au premier jour non férié après la Saint-Martin
d'hiver. Cette citation est ainsi datée : Actum et datum Parisius, die veneris ante festum beati Laurencii, anno domini M° CCC° nono,
indictione sep tinta, pontificatus predicti Domini nostri summi pontificis anno
quarto.
Date très-exacte, aussi bien pour l'indiction que
pour l'année du pontificat, si on le fait commencer au jour du couronnement.
Cette citation prouve clairement que la bulle Faciens Misericordiam ne
peut être rangée au 12 août 1309, comme le fait Labbe, puisque la citation dont
il s'agit est faite en vertu de cette bulle et, par conséquent, ne peut l'avoir
précédée. M. de Sismondi, (Hist. des Français, t. IX, p. 224) a partagé
l'erreur de Labbe.
13 Septembre. - RYMER, t. 1er, pars IV, p. 152. Lettre du roi d'Angleterre sur les enquêtes que
les inquisiteurs anglais doivent faire contre les Templiers. Teste rege apud
Westmonasterium, 13 die septembris.
12 novembre. - Commencement de
l'interrogatoire fait à Paris par les commissaires pontificaux institués pour
procéder contre l'ordre entier.
14 novembre. - Clément V entre dans la cinquième
année de son pontificat.
26 novembre. - Procès, t.1, p. 32. Premier
interrogatoire du grand-maître Jacques Molay, par les commissaires du pape.
1310, 1er mars, nouveau style. - RYMER, t. 1er,
pars IV,
p. 165. Ordre du roi d'Angleterre au constable de
la tour de Londres : de intendendo inquisitoribus super separatione
Templariorum. Teste rege apud Westmonasterium, primo die marsii.
4 avril. - RAYNALDI, an. 1310, n° 41 ;
FLEURY, t. XIX, p. 176. Lettre par laquelle le pape fait savoir au roi de France que le
terme précédemment fixé pour la réunion du concile de Vienne a été prorogé
jusqu'au 1er octobre de l'année suivante. Datum Aven. Il non. aprilis anno 5.
Du 11 au 26 mai. - BALUZE, t. 1er, pp.16 et 71 ; FLEURY,
t. XIX,
p. 171.
Concile de Paris tenu par le nouvel archevêque de Sens, Philippe de Marigny,
pour le jugement des Templiers.
On a vu que les conciles provinciaux devaient
juger les personnes et non l'ordre entier, ce qui était le fait des commissaires
pontificaux.
9 Novembre. - BALUZE, t. II, col.
171. Lettre du pape à Philippe-le-Bel. Clément a reçu de Jean de Hartinges,
sénéchal de Gascogne, officier du roi d'Angleterre Edouard II, une supplique qu'il
transmet au roi de France et qui traite de certaines compétitions relatives aux
biens saisis sur les Templiers dans le duché d'Aquitaine, appartenant au roi
anglais.
La lettre du pape est ainsi datée : Datum
Avinioni, V idus novembris, pondjîcatus nostris anno quinto.
Baluze a rangé cette lettre parmi celles de
l'anl309,ce qui prouve bien que, dans sa pensée, Clément V aurait compté les années
de son pontificat à partir de son élection. Les nombreuses pièces qui viennent
de passer sous les yeux du lecteur ne doivent plus laisser de doute sur cette
question, et il devient inutile d'insister sur l'erreur de Baluze.
14 novembre. - Clément V entre dans la sixième année de
son pontificat, calculée du jour de son couronnement.
12 décembre. - RYMER, t. 1er, pars 18, p. 178.
Edouard
Il au comtes de Lincoln sur les Templiers qui doivent
entendre, dans le concile de la province de Cantorbéry, leur sentence
d'absolution ou de condamnation. Pièce ainsi datée : Teste rege apud
Berewycum, duodecimo die decembris.
Les Templiers condamnés par le concile de Londres
furent simplement enfermés dans des monastères qui devaient leur servir de
prisons, avec de modiques pensions pour leur subsistance.
Voyez Rimer, t. X, p. 57. Nous n'avons emprunté à ce
consciencieux recueil que les pièces les plus importantes, celles surtout qui,
par leur rapprochement avec d'autres pièces de date douteuse, jettent quelque
jour sur l'ordre des faits.
1311, 12 mai. - Du PUY, p. 112. Bulle du pape à
l'archevêque de Rouen et aux évêques de Poitiers et de Mende, portant
commission d'entendre les comptes des receveurs des Templiers, et disposant que
le reliquat sera conduit en lieu sûr hors du royaume, en la protection du roi,
pour être employé à défendre la Terre-Sainte. Ainsi datée dans du Puy : 12
mai, Avignon, anno 6.
5 juin. - Du PUY, p. 178 ; RAYNOUARD, appendice, p. 309.
Ce jour, les commissaires pontificaux ayant ouï à
Paris 231 témoins et terminé l'enquête contre l'ordre du Temple, à laquelle ils
travaillaient depuis plus de dix-huit mois, envoient au pape l'expédition de
cette procédure, après en avoir déposé une autre copie dans le trésor de
Notre-Dame de Paris. Leur lettre d'envoi est datée de l'abbaye royale, près de
Pontoise, anno Domini 1311, indictione
nona, pontificatus nostri anno sexto, die 5 memsis junii.
16 octobre. - BALUZE, t. 1er, p. 43; FLEURY,
t. XIX,
p. 203.
Ouverture du concile de Vienne.
19 octobre. - Du PUY, p. 112. Bulle du pape
pour accréditer près du roi son clerc, Geoffroi du Plessis, et relative
aussi à la réserve faite par le pape de juger
lui-même le grand-maître et les principaux de l'ordre. Ainsi datée dans du Puy :A
Vienne, 14 kalend. novemb., pontif, anno 6. Du Puy pense à tort que cette
date correspond à l'année 1310.
14 novembre. - Clément V entre
dans la septième année de son pontificat.
1312, 8 mars, nouveau style. - Du Puy, p, 112.
Bulle du pape rappelant une lettre du roi en date, à Mâcon, du 2 mars 1311
(avant Pâques), dans laquelle Philippe, prévoyant l'abolition prochaine de
l'ordre du Temple, invitait le pape à transférer les biens de cet ordre soit à
quelque nouvelle milice, soit à un autre ordre militaire pour la défense de la
Terre-Sainte, mais en ayant soin de réserver les droits que lui, ses prélats et
barons possédaient sur les biens confisqués, ce que le pape promet par sa
bulle, au cas où l'ordre serait aboli. Pièce ainsi datée dans du Puy : Donnée
à Vienne, 8 id. mardi, anno 7.
22 mars. - Bulle Vox in excelso prononçant
la suppression de l'ordre du Temple, par voie de provision. Cette pièce,
publiée pour la première fois et depuis peu par Villanueva, sera reproduite
ci-après, n° 4 des notes et pièces justificatives. Elle est ainsi datée : Datum
Viennce, XI kal. aprilis, pontificatus nostri anno septimo.
2 mai. - RYMER, t. II, p. 5.; Du Puy, p: 113. Bulle Ad
providam sur l'attribution aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem des
biens ayant appartenu à l'ordre du Temple. Datum Viennae, sexto nonas maii,
pontificatus nostri anno septimo.
6 mai. - RAYNALDI, annol312, n. 3. Bulle
Considérantes dudum, ainsi datée : Viennœ, 2 non. maii, pontificatus nostri
anno septimo.
Cette bulle est incomplète dans Raynaldi ; c'est
pourquoi nous la reproduisons en entier.
On l'a quelquefois appelée bulle Ad
certitudinem, sans réfléchir que ces mots sont le commencement d'une
formule souvent placée en tête des bulles de Clément V, par exemple en tête de la célèbre
bulle où ce pape déclare Philippe-le-Bel innocenté au sujet des accusations
portées contre Boniface VIII, laquelle a été publiée par du Puy à la page 592 de son Hist.
du différend d'entre Boniface VIII et Philippe-le-Bel.
Même date. - Clôture du concile de Vienne.
16 mai. - RYMER, t. Il, p. 6. Bulle
adressée au roi d'Angleterre pour l'exhorter à délivrer à l'ordre de Saint-Jean
de Jérusalem tous les biens des Templiers, et à enjoindre aux comtes et barons
d'Angleterre d'avoir à remettre au même ordre ceux de ces biens dont ils
étaient en possession. Datum Liberon. Valentin. diocèse, XVII kal junii, pontificatus nostri anno septimo.
Même date. - Du Puy, p. 114. Bulle semblable
adressée au roi de France, et datée comme la précédente.
1314, 11 Mars. - Contin. de Nangis, p. 67. Le cardinal
d'Albano, deux autres cardinaux, l'archevêque de Sens et quelques autres
prélats condamnent à la prison perpétuelle le grand-maître des Templiers, le
visiteur de France et les commandeurs d'Aquitaine et de Normandie dont le pape
s'était d'abord réservé le jugement par la bulle du 5 juillet 1308 : mais il
s'en était déchargé depuis sur les prélats susnommés. Le grand-maître, dit
maître d'outre-mer, et le commandeur de Normandie ayant rétracté leurs aveux,
les cardinaux les remettent au prévôt de Paris qui les fait brûler par ordre du
roi.
20 avril. - Mort de Clément V.
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